MIZOËN-en-OISANS
Roger CANAC
et
l'"Histoire buissonnière
des protestants de Mizoën"

 

 

Roger Canac connaît bien le petit village de Mizoën : il en a été l'instituteur ! Il publie aujourd'hui ce merveilleux petit ouvrage sur l'histoire buissonnière des protestants de Mizoën et du Haut-Oisans et le dédie à la mémoire d'Henri Jouanny, maire de Mizoën de 1953 à 1968.

L'histoire retrouvée par Roger Canac attribue à l'année 1562 la demande, à Calvin, chef des protestants, d'un "ministre de la parole" pour les nouvelles églises de Clavans et de Mizoën. Jean Despagne, fils d'Henri Despagne, sera l'un de ces ministres qui viendront exercer en l'Eglise de Mizoën. Il était né à Mizoën et résida notamment en Hollande puis partit pour l'Angleterre après la défection des Hollandais, traitres envers les protestants de La Rochelle.

Le Cardinal Etienne Le Camus, personnage influent de Grenoble, dirigeant de la Cathédrale Notre-Dame, de sa paroisse et des paroisses du département pour lesquelles il se déplaça sans compter, fut homme de cour de Louis XIV et y vécut de façon dissolue avant de changer radicalement de vie et d'embrasser la carrière religieuse. Evêque puis Cardinal, demeurant à l'actuel Evêché Notre-Dame de Grenoble, il se rendit notamment dans les petits villages isolés de montagne afin de professer la bonne parole et de ramener à lui les villageois et les représentants de Dieu corrompus par l'isolement et les modes de vie protestants. Le 12 juin 1686, il s'arrêta à Mizoën pour convertir au catholicisme le maximum de personnes et ainsi faire face à l'avancée menaçante des protestants. Canac rapporte toutefois qu'à Mizoën "...il n'y a point de famille catholique sauf quelques valets et servantes qui n'y demeurent que l'été...".

En 1633, on trouve trace d'un pasteur à Mizoën, nommé Jean Terrasson.En 1651, à l'occasion de la reconstruction du mur du temple de Mizoën, on note l'existence du pasteur Charles Bastier à Mizoën. 20 ans plus tard, on trouve le nom de Jean Bonnet, pasteur de Mizoën. Il semble avoir quitté discrètement la commune lors de l'interdiction du protestantisme, avec sa femme, ses deux garçons de 12 et 20 ans et sa fille de 8 ans, tous nés à Mizoën.

 

Le protestantisme n'est pas une mince affaire à Mizoën, mais le village est également marqué par l'importance de ses marchands. Roger Canac note que dans les années 1670 on pouvait véritablement parler de Mizoën comme d'un "village de protestants marchands" ou de "marchands protestants". Affaires, religion et argent sont à cette époque étroitement mêlés. De là est née la légende du Trésor des Protestants...

Mizoën, c'est aussi le travail agricole. Dails, couir, sapes, grappins, herses, socs, bouchères, espolles, eysettas, seilles, varloppes, planes, tarières et taranolles, maillets et estampes à fer,... se retrouvent avec le même bonheur dans l'ouvrage de Roger Canac pour éclairer au mieux la vie très organisée des paysans et des autres habitants de Mizoën.

A découvrir donc toutes affaires cessantes :
Roger CANAC "Histoire buissonnière des Protestants de Mizoën et du Haut-Oisans" - Edition Commune de Mizoën / L'Atelier (1999).

 

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